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Et si on scénarisait accessible ?

Une question importante m’a été posée par ma très chère consœur Claire Noyer la dernière fois : “est-ce que tu penses accessible dès le scénario pédagogique ?”.

Eh bien la réponse est oui ! Et c’est ce qu’on devrait tou.te.s faire d’ailleurs ! Parlons-en.

La scénarisation, premiers pas de la formation

Bon, reprenons les bases pour nos lecteur.rice.s non pédagogues : c’est quoi la scénarisation ? Alors non, on ne parle pas là du script d’un film, mais bien de pédagogie ! Eh oui, après l’analyse du besoin, et la définition des objectifs pédagogiques, il est temps de prévoir le déroulé de la formation, notion après notion, activité après activité… Chaque grain est important et doit avoir un impact pour servir l’objectif pédagogique.

Par exemple, on pourrait proposer une activité type memory pour associer un outil à son nom/usage, un curseur pour présenter les étapes d’un process à suivre, ou encore une vidéo animée pour contextualiser un cas concret.

Bien sûr, ces exemples n’auront de portée pédagogique que si ils répondent à un objectif bien construit. On pourrait écrire longuement sur la scénarisation pédagogique, Claire l’a d’ailleurs fait ici, mais je vous propose d’avancer sur notre sujet du jour !

Scénariser, accessible : pourquoi ?

Vous l’avez compris, la scénarisation, c’est le tout début du travail. Alors pourquoi s’embêter dès maintenant à penser accessible ? Eh bien tout simplement pour gagner du temps, et par suite logique, de l’argent.

Ok, super, mais là vous vous dites : “C’est bien beau Camille, mais en quoi ça nous en ferait gagner ?”. Pour y répondre, je vous propose un exemple tiré d’une expérience vécue !

Quand on est concepteur.rice/intégrateur.rice, il nous arrive de ne sortir que la casquette “production”. On a donc un.e chef.fe de projet qui va nous briefer, et nous dire : “Sors tes logiciels, et créé moi ça pour telle date”. Dans mon exemple, je devais dégainer Storyline pour créer un template destiné à faire gagner du temps mais aussi homogénéiser les conceptions d’une équipe pédagogique. Jusque là, tout va bien.

On a donc des objets 3D qu’il faut pouvoir faire tourner, des illustrations 360° qu’il faut faire glisser à la souris pour trouver les zones cliquables, de belles nuances de bleues, gris clair et blanc sur toute l’interface… Aucun problème, techniquement ça se fait.

Ouais. Sauf qu’à la livraison, la cliente émet le doute plus que raisonnable : “C’est super, mais on est accessible avec tout ça ?”. Ah. Bah non. Faut tout refaire. Oupsi, il semblerait que la question de l’accessibilité soit passée à la trappe lors de l’analyse du besoin, du coup, un concepteur, un graphiste, une intégratrice plus tard, et de longues journées de travail payées… Pour tout recommencer !

Vous voyez où je veux en venir ?

Exemple de template Storyline - version inaccessible
Avant - pas de possibilité de revoir l'aide à la navigation prévue, des boutons écrits en blanc sur bleu clair, un curseur (glisser-déposer) sans alternative.
Exemple de template Storyline - version accessible
Après - on retrouve le bouton d'aide pour revoir les consignes de navigation, les boutons sont désormais écrit en blanc sur rouge, et le curseur dispose d'une alternative au clic.

Comment scénariser accessible ?

Bon, le blabla c’est sympa, mais comment on fait ? Dans le cas de la scénarisation, il faut penser à plusieurs choses !

Déjà, en relisant votre découpage, la question du déroulé logique et suffisamment vulgarisé devrait déjà être un réflexe. En le relisant une seconde fois, pensez “charge cognitive” : vos activités sont-elles assez découpées pour créer des espaces aérés avec des informations hiérarchisées et précises ?

Autre point, on pense toujours à prévoir un écran de navigation (là, vous êtes censés dire “Oui, évidemment”. S’il vous plaît.). Et la petite pop-up “Souhaitez-vous voir l’aide à la navigation accessible ?”, vous l’avez ? Si si, cette petite invitation où, si vous cliquez sur “Oui”, vous voyez les raccourcis dédiés à la navigation au clavier, et les options comme le zoom d’écran par exemple ? Allez, celle-là est facile, on rajoute juste une petite ligne dans le scénario et ce sera parfait !

Exemple d'écran de navigation accessible
Exemple d'un écran d'aide à la navigation au clavier, comprenant tous les raccourcis, ainsi que l'indication pour régler les paramètres d'accessibilité dans le lecteur Storyline.
Exemple d'activité type memory
Exemple d'une activité "memory" pour remplacer l'activité "Associer" de Storyline.

Maintenant, on peut se pencher sur les activités : est-ce que toutes mes activités sont accessibles ? Je vous entends d’ici “D’accord Camille, mais c’est quoi une activité accessible ?”. On reformule alors, est-ce que toutes vos activités sont faisables à la souris ET au clavier ? Ah ! Plus dur là, n’est-ce pas ? Eh bien oui, les glisser-déposer ne sont pas toujours accessibles, tout dépend de l’outil utilisé ! Alors qu’est-ce qu’on fait ?

On prévoit une activité alternative en laissant le choix à l’apprenant.e de faire un glisser-déposer OU l’activité accessible alternative, ou alors, on adapte tout simplement l’activité de base ! Je vous jure que c’est faisable, et à ce stade, facile à modifier.

Ok, et pour le reste, avez-vous prévu de varier les médias ?

Par exemple, pour une activité podcast, avez-vous prévu une transcription textuelle ? Et pourquoi pas un sketchnote pour proposer de reprendre les points clés en images ?

Toutes ces petites choses pour permettre à l’apprenant.e de pouvoir choisir ce qui est le plus confortable, et compréhensible pour elle/lui, ça peut vraiment changer la donne !

Exemple de choix de médias laissés à l'apprenant.e
Exemple d'alternative média proposée à l'apprenant.e, avec un podcast, une transcription textuelle et/ou un sketchnote reprenant les points clés du contenu.

Là, vous avez déjà de bonnes bases pour aller plus loin, dès la scénarisation…

Et puis si vous avez un doute, vous savez qui appeler !

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